1 décembre 2016

Dorade :Thau expérimente un viviers

Alors que le marché de la dorade d’élevage subit une forte concurrence, les pêcheurs de la Pointe Courte de Sète visent à investir une niche : la vente de leurs dorades sauvages vivantes lors des fêtes de Noël. L’expérimentation suit son cours, le but est de conserver les daurades pendant deux mois en viviers puis de les vendre vivantes. En France, seule la criée de Quiberon vends de la dodo sauvage vivante.

 

 

 

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Lycée de la Mer de Sète, cuve des dorades

Pêcheur à la Pointe Courte, Robert Rumeau fait partie de ceux qui ont tenté l’expérience de capturer des dorades cet automne « pour les futures générations, il fallait trouver une filière pour pallier le manque à gagner de l’effondrement des prix de la daurade en octobre. L’idée a été d’en capturer, pour les maintenir jusqu’à une vente, vivantes, aux fêtes de Noël ».

L’expérimentation ,  avec le concours du  CEPRALMAR (http://capmeroccitanie.fr/cepralmar-rassembler-epars/ )  , a été faite avec les moyens du bord et la bonne volonté de tous. Les pêcheurs ont pris les daurades, bricolé une pompe à oxygène et des volontaires ont couru pour mettre les poissons dans des bacs au lycée de la Mer de Sète, chargé de nourrir les pensionnaires. Sur la première fournée, un taux de mortalité élevé, essentiellement du aux traumatismes de la capture.

La dorade a une bonne capacité de résistance

Deuxième fournée en revoyant la méthode de capture et de manipulation, temps de transfert aux bacs, et de bons résultats sur une centaine d’individus. Selon les études , la daurade résiste bien aux manipulations, , en 1956 une expérience avait été menée sur des spécimens de l’étang de Thau . Mise en eau très froide, la dodo résiste jusqu’à une température de 2°5 et en eau chaude à 36 °. (La daurade de l’étang de thau,  par Jacques Audouin  http://archimer.ifremer.fr/doc/1962/publication-4245.pdf)

Bien sûr la route est encore longue, il faudra des financements pour des viviers plus importants et sans nul doute qu’avant de sortir les fonds les banques vont demander des études de marché. La niche visée de vendre de la daurade vivante complique singulièrement le processus.

Pourquoi un tel choix? la raison est simple, les parcs de dodos d’élevage existent déjà depuis belle lurette. En France, l’aquaculture intensive a fait l’objet de recherches dès les années 70. L’IFREMER, l’INRA ont appuyé le secteur, le produit connait une forte demande, les français ont été les pionniers en matière d’écloserie.

 

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Robert Rumeau, pêcheur à la Pointe Courte, à l’origine de l’expérimentation

Forte concurrence des grecs en dorade d’élevage

Une quarantaine de fermes et écloseries  existent en France (région de Lille et sud de la Corse). Spécificité française, les fermes  aquacoles sont moitié à terre, moitié en mer dites « off shore » .

La dodo d’aquaculture se retrouve sur les étals moins de 72h après avoir été pêchée. Il faut quand même relever que régulièrement les associations de consommateurs dénoncent, tout comme le saumon, les conditions d’élevage des daurades ou bars. Exemple le plus cité,  dans le nord , une ferme aquacole où dorades et bars nagent dans les eaux de refroidissement d’une centrale nucléaire (bon appétit) . Le gras et le poids du poisson ne sont pas nécessairement un gage de nourriture saine bien que des contrôles aient été opérés sur la composition des granulés mais aussi des produits vétérinaires employés.

La concurrence est élevée dans le secteur aquacole de la dorade. La crise a frappé dans les années 2001. Avec une concurrence directe de l’Espagne, l’Italie et surtout la Grèce et la Turquie. 58 % des dorades consommées en France proviendraient de la Grèce. Les français ont pu résister à cette concurrence car leur maitrise des écloseries et des élevages a débouché sur des spécimens plus gros  (800-1000 kg) contre la plupart du temps (300g-500g) pour la concurrence.

La criée de Quiberon vends des dorades vivantes

Les pêcheurs de l’étang de Thau sont dans une autre catégorie, celle de la daurade sauvage. Elle est prisée par les restaurateurs et les connaisseurs ou tout simplement les consommateurs qui ne veulent pas de produits de fermes aquacoles. Mais pour les pêcheurs, les prix s’effondrent de 30% environ en octobre lors de la grande ruée lorsque les poissons sortent de Thau. D’où l’idée de pêcher la daurade, la mettre en viviers pour la commercialiser vers Noël.

La vente de dorades vivantes existe déjà. Une expérience menée depuis un an par la criée de Quiberon. « Au début on nous a pris pour des doux dingues » s’amuse Alexandre Ledrun directeur de la criée de Quiberon. Les pêcheurs, qui ont des viviers, pêchent à la ligne,   doivent fournir un poisson de qualité irréprochable (aspect, poids) .En arrivant sur le port, il n’y a que 60 mètres pour arriver aux les bassins de la criée, avec eau filtrée et renouvelée deux fois par jour.  La dorade fait partie des poissons jugés résistants.Le stock qui ne passe pas par les enchères pars très vite, au gré à gré, en 48 H00. Un mareyeur passe chercher les commandes dans des camions viviers.  La demande clientèle , essentiellement des restaurants gastronomiques asiatiques de la région parisienne,  serait en forte progression. Et l’ opération semble rentable pour le pêcheur et la criée, la daurade sauvage vivante triple son prix habituel. « C’est une niche » explique le directeur de la criée de Quiberon qui suit d’un œil intéressé l’expérience de Thau « le seul point compliqué sera de maintenir le label sauvage . Les nourrir et avec quoi, ne pas les nourrir j’ai peur qu’elles perdent en poids. Ne pas oublier les contrôles ,  j’en ait un tous les quinze jours ».

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cages off shore

C’est une piste pour les pêcheurs de Thau mais l’exemple de Quiberon est une filière courte. On pêche en  mer,  on apporte aux bassins de la criée, on vends et charge à l’acheteur de trouver un transporteur avec des viviers ( comme pour l’anguille sur Sète) .

Garder le label sauvage

Là il faudra  garder les spécimens  près de 2 mois, dans une cage à terre ou offshore,  donc gérer la question de l’alimentation. Granulés ou à la moule , cela a un coût qu’il faudra répercuter dans la vente. On observe que les pays asiatiques très friands de poissons vivants, misent sur les basses températures: le poisson se met au ralenti, bouge moins et  consomme peu  L’expérimentation de Thau, si elle se concrétise, risque de virer au cas d’école, côté contrôles et pour garder le label daurade sauvage malgré la mise en viviers.

. La réglementation sur l’affichage des Produits de la mer au 13 décembre 2014

Produits visés
Les produits de la mer en général et un nouveau venu: Les algues.

Les produits cuits et (ou) préparés n’entrent pas dans le champ d’application.

Mentions prévues par le règlement

On passe de 4 à 7 mentions obligatoires:

  • La dénomination commerciale de l’espèce
  • Le nom scientifique.
  • La méthode de production (capture en mer ou en eaux intérieures ou élevage)
  • La zone de capture ou d’élevage
  • La sous-zone de capture.
  • La catégorie d’engins de pêche.

 

 

 

 

 

 

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