CapMer Occitanie le magazine du patrimoine, de la mer et du littoral de la région Occitanie
30 mai 2018
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Frontignan/Sète : les cueilleurs d’herbes sauvages

 

Ils l’ont appris de leurs ancêtres qui l’ont appris de leurs ancêtres. Depuis la nuit des temps, à Frontignan comme à Sète, la cueillette d’herbes comestibles a permis de compléter des repas ou de faire des économies.

 

Dès le parking du cimetière de Frontignan où les voitures sont garées, le visage d’Annie s’illumine d’un grand sourire en montrant un talus de l’autre côté de la route « de la fausse roquette ! c’est très bon en salade » explique cette ancienne commerçante en fruits et légumes. Ils sont toujours une bonne dizaine, en majorité des retraités, à arpenter la garrigue aux alentours du massif de la Gardiole,  pour « apprendre aux autres » à reconnaitre les bonnes plantes, celles qui se mangent ou soignent.

Sur les bas-côtés de la route qui serpente vers la Gardiole, au milieu d’un lotissement, le petit groupe s’arrête presque à chaque pas. Appis, un retraité venu de Clermont-l’Hérault et Annie se baissent, coupent, montrent « l’asperge sauvage il faut avoir le coup d’œil, comme elle est toute mince comparée à celles du commerce, il faut s’habituer à la détecter au milieu de l’herbe ». Et ne pas confondre l’asperge sauvage avec « les respountchous », autres herbes comestibles très ramassées en Occitanie, elles s’enroulent comme de petites lianes avec une extrémité qui ressemble à un petit épi de blé.

Le petit groupe arrive dans un pré et c’est la fête aux poireaux sauvages. Plus petit et plus mince que son homologue vendu sur les étals mais au parfum beaucoup plus fort rappelant un peu l’ail.

Au début du sentier forestier du massif, les touffes de thym font leur apparition. Inlassablement les deux guides désignent des espèces, au point qu’on n’ose plus marcher nulle part !

On trouve un peu de tout, du salsifis sauvage, de la vraie roquette, du lilas espagnol dont les pousses se mangent en salade, épinard, blette, plantain. Et quelques herbes aux vertus médicinales comme la mauve, le plantain ou le souci jaune.

« Pour ceux qui ont une petite retraite la cueillette des herbes permet grandement de faire des économies. Tous les jours je fais mon tour pour faire mes salades, soupes ou encore des poêlées de blettes sauvages » soupire Annie.

Mellis ,lui,se définit comme un enfant du pays et de la garrigue parti travailler à Paris « à ma retraite, je suis revenu au pays et je suis reparti sur les chemins de mon enfance et des traditions de mes aïeuls » explique l’homme qui a aussi des ruches et organise, à titre bénévole, bon nombre de randonnées et circuits sur l’arrière-pays pour transmettre son savoir sur les plantes.

Saint Joseph

 

En haut du Massif de la Gardiole, avec Frontignan et la mer en panorama, Annie pousse un joyeux cri en brandissant une minuscule plante « de la Saint Joseph ! C’est assez rare tout comme le Nombril de Vénus qui ne pousse que sur les vieux murs,  c’est le délice des délices ! ».

Les apprentis cueilleurs en herbes sauvages écoutent religieusement et prennent des photos. Ils sont loin de tout connaitre, car chaque saison amène son lot de plantes.

Annie et Appis repartent sur le sentier, inlassables, passionnés, intarissables et généreux « on veut que d’autres sachent, car déjà de notre époque la tradition se perdait un peu, il faut que les derniers transmettent le flambeau ». Chacun repartira avec un petit sac d’herbes et une dernière recommandation « bien bien  laver les herbes, des fois que des renards ont pissé dessus« .

Blettes

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