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jeudi 30 mai 2024

Sète, l’autre cimetière marin disparu

Ruelle du Chant des Vagues

 

Plus proche de la mer que l’actuel cimetière marin de Sète, vers le fort Saint Pierre, le lieu comportait deux parcelles, l’une catholique, l’autre protestante . Appelé cimetière du Fort Saint Pierre, il a été créé en 1866 et fermé 11 ans plus tard. Faute de places. Par la suite,  il a connu d’incroyables rebondissements: court de tennis, colonie de vacances prisée sous le Front Populaire, hôpital pour réfugiés espagnols de la Retirada et enfin le stade Barrat.

«  Il s’agissait là bien d’un cimetière dont le projet de création a été validé par le conseil municipal le 23 septembre 1861. Nous n’avons pas trouvé d’appellation officielle pour ce cimetière qui est désigné comme le cimetière aux quartiers du Fort Saint Pierre, cimetière commun ou encore cimetière de l’Ouest  » explique Clémentine Markidès, directrice des Archives Municipales de Sète.  » La création « des nouveaux cimetières » répond ensuite à une demande formulée par l’église protestante car l’espace dont disposaient les Réformés dans le cimetière Saint Charles, plus communément connu sous le nom de cimetière marin, n’était plus suffisant. »
Paul Valéry avait tout juste cinq ans lorsque le cimetière marin dit du Fort Saint Pierre a été fermé par l’arrêté municipal du 3 novembre 1877, y interdisant, faute de place, toute inhumation, ainsi qu’au cimetière Saint Charles (actuel cimetière marin). Le nouveau cimetière le Py, là où repose le grand Georges, alors appelé dédaigneusement « le Ramassis » prenait le relais.

La ruelle du Chant des Vagues

Si le cimetière du Fort Saint Pierre était resté, peut-être qu’il se serait rejoint avec le cimetière marin, peut-être les poètes auraient-‘ils été encore plus inspirés car la parcelle offrait une vue encore plus exceptionnelle sur la mer située à moins de cent mètres. La mer qu’on entendait même de là, car il était tout près d’une petite impasse, encore très prisée aujourd’hui par les photographes et les amoureux sétois, la rue du Chant des Vagues.

« Laisser la terre aux vivants », le credo des associations crématistes a été le casse tête des municipalités à Sète dès le début du 19ème siècle. La quasi insularité, l’arrivée en masse de populations laborieuses et miséreuses, les épidémies, un taux de mortalité élevé ont vite posé un énorme problème de place. A l’époque, pas question de crémation, sous la pression des laïcs, l’Etat français ne les a autorisées qu’en 1887 et l’église catholique a cédé sur le chapitre qu’en…1963. Ce qui a donné un répit salutaire au cimetière le Py. Un répit.
De 9000 habitants en 1830, le port de Sète atteint les 37000 habitants vers 1880. Avec les vapeurs, le port est devenu une plaque tournante mondiale d’expédition de vins. Les emplois générés se comptent en milliers attirant une main d’œuvre des départements pauvres et ruraux de l’Occitanie actuelle: Ariège surtout mais aussi Aveyron, Tarn, Lozère. On s’entasse près du port, dans le quartier Haut, pour être prêt à saisir l’embauche qui se fait à la journée.

 

Fièvres et épidémies déciment surtout les enfants

Aussi sur l’état civil, décès ou mariages, la première profession est « journalier ». Une appellation qui recouvre ceux qui peuvent œuvrer tour à tour comme docker, pêcheur occasionnel, charretier, charbonnier, ouvrier aux chais dans la tonnellerie. Le flux migratoire important et les naissances vont couvrir le nombre de décès. De 1866 à 1877, pendant l’ouverture du cimetière dit du Fort Saint Pierre, on enregistre en moyenne 700 décès par an sur une population de 25 000 habitants mais il y a environ 800 naissances (en 2017, 43229 habitants , 582 décès,environ 485 naissances) .
L’étude des décès amène un terrible constat, ce sont les enfants des journaliers qui paient le plus lourd tribut, pour les adultes rares sont ceux qui atteignent la soixantaine, on meurt le plus souvent entre 34 et 40 ans. Ce qui corrobore l’étude des services des Ponts et Chaussées de l’Hérault (1868) qui démontrait que la durée moyenne de vie sur les secteurs littoraux héraultais était voisine de 20 ans et la moyenne nationale de 37 ans.
La faute aux moustiques et diverses fièvres, paludisme, typhus, tuberculose et variole. La promiscuité des logements faisait le reste, même si l’eau arrive d’Issanka dans les années 1860, il faut aller la chercher sur des points de fontaine. Autre vecteur, l’arrivée des vapeurs et des équipages contaminés, en 1880, une épidémie de variole en Bretagne a été attribuée au fait que les morutiers du cru allaient déposer leurs poissons à la sécherie de Sète.

Et enfin les épidémies locales sont le plus souvent soigneusement tues. Le port de Sète d’alors est le cœur de la ville, pas comme maintenant isolé derrière des grilles et loin des regards. La ville et la presse locale vivent au rythme des arrivées des bateaux. Déclarer une épidémie c’est prendre le risque de voir les bateaux armés à Sète subir une quarantaine, voir les bateaux étrangers se détourner vers Marseille, ce Marseille ennemi vilipendé par la presse Sétoise de l’époque qui l’accuse régulièrement de répandre des fausses rumeurs pour saborder l’économie du port de l’île Singulière .

Le cimetière marin de Sète aurait pu disparaitre aussi…

Avant 1804 et l’édit de Napoléon qui interdit les sépultures autour des églises et temples, il est vraisemblable qu’à Sète existaient ce genre de petits cimetières, on relève vers 1750 des inhumations autour de l’église disparue des Pénitents (ordre de St François dit Picpus), vers le quai de la Consigne. Mais aussi les tombes du XVIIIème siècle du petit cimetière Saint Joseph aux Métairies, ce dernier a survécu et on ne peut le visiter qu’une fois par an à la Toussaint. Le cimetière marin de Sète a survécu aux autres en 1804, car le lieu d’inhumation correspondait aux directives du décret napoléonien: il était en hauteur et à une quarantaine de mètres d’habitations.

Plans cimetières de Sète (1860, archives municipales de Sète)

Selon un plan des Archives Municipales de Sète, en 1862, le célèbre cimetière marin de Sète était scindé en deux parties, une partie haute avec le petit cimetière privé de l’hospice Saint Charles, avec un carré protestant. Puis une partie basse, dit cimetière commun du Fort Saint Pierre, avec également un carré protestant. La partie basse est presque restée telle quelle de nos jours, c’est la partie haute, du cimetière privé de l’hospice Saint Charles qui s’est développée. Le cimetière gardera le nom de Saint Charles jusqu’en 1945 date à laquelle, rendu célèbre par Paul Valéry, il prendra le nom de marin tant dans sa partie basse que haute.

1 cimetière commun du Fort Saint Pierre et le carré protestant en jaune, 2 cimetière privé de l’Hospice Saint Charles et carré protestant en vert, 3 projet du nouveau cimetière commun également dit » du Fort Saint Pierre » avec carré protestant.
Plan du projet du cimetière (Archives municipales de Sète)

On relève également en 1862, le cimetière pour catholiques de la Bordigue, (à l’emplacement actuel de l’eau d’Issanka quai des Moulins) ouvert de 1842 à 1866, il possède un carré musulman, une centaine de tombes. Il s’agit là de prisonniers Algériens, déclarés rebelles après la conquête de 1847. Déportés sur des forteresses en France et internés au Fort Saint Pierre à Sète, ils ont sans doute été forcés à travailler sur divers chantiers, dont le creusement du canal et la montée dite « rampe des Arabes » autrefois « rampe des Bédouins ».

Le cimetière de la Bordigue sera fermé car la ville a des projets industriels sur le site. Se pose le souci de transférer les tombes et le cimetière commun « marin » est à saturation dont le carré des protestants. Ils sont alors près de 9000 à Sète, leur influence a grandi avec de grandes familles d’armateurs comme les Busck. Les protestants de Sète veulent leur nouveau cimetière, comme Montpellier a le sien, en vertu du décret napoléonien de 1804 qui prescrivait aux communes d’affecter à chaque culte un cimetière (A noter qu’en 1884 cette exigence a été abolie mais l’influence des protestants s’est accrue, en 1892 un maire protestant est élu à Sète le Dr Ernest Scheydt) .
Sans doute faute de trouver des parcelles autour des cimetières existants, le choix fut fait d’installer un nouveau cimetière sur une autre parcelle située à une centaine de mètres, toujours rue Jean Vilar, au début de la Corniche.
Cela va provoquer des conflits avec les riverains. Car même si tous voulaient un petit trou moelleux comme le chantait Brassens, personne n’en voulait près de chez lui. Et quelques belles demeures commençaient à s’ériger sur cette partie de la rue Jean Vilar. La municipalité a tenu bon, le ou plutôt les cimetières également dits « du Fort Saint Pierre » furent créés en 1866, 2 cimetières contigus comme le démontrent les cartes de l’époque, un protestant l’autre catholique et séparés par un mur selon les dispositions du décret napoléonien.

« Il semble rapidement devenir insuffisant à son tour puisque dès 1868, le conseil municipal discute des problèmes liés aux insuffisances des cimetières. En effet, la délibération du 10 juin 1868 indique que le nouveau cimetière commun est déjà rempli, à tel point que les inhumations doivent être à nouveau effectuées dans l’ancien cimetière Saint Charles » précise Clémentine Markidès.

Où sont passées les milliers de sépultures?

Portail du cimetière (Archives municipales)

De 1866 à 1877, date de la fermeture du cimetière du Fort Saint Pierre, on a enregistré près de 8476 décès à Sète. Certes, des défunts ont du bénéficier des caveaux familiaux de Saint Charles et les pauvres partir à la fosse commune, n’en reste pas moins que les 4000 m2 des deux parcelles du nouveau cimetière de Fort Saint Pierre ont du recevoir plusieurs milliers de sépultures. La crise du « logement » en cimetière était si aiguë qu’en 1875, le maire de Sète a du s’excuser auprès du pasteur d’avoir envoyé une défunte de confession juive au cimetière protestant.

Mais l’histoire du cimetière du Fort Saint Pierre ne s’arrête pas en 1877. A cette date, il est fermé ainsi que le cimetière « marin » Saint Charles. Les inhumations se font désormais sur le cimetière de Py.

La municipalité de Sète va décider de conserver Saint Charles (l’actuel cimetière marin)mais de raser le cimetière du Fort Saint Pierre.
Dans les années 20, les tombes ont disparu, le plus ancien club de tennis de Sète, le TC Mas Viel, précise dans son historique « qu’en 1826, un certain nombre d adeptes constituèrent une association « le Tennis Club Cettois » avec deux courts de tennis aménagés sur les deux parcelles…de l’ancien cimetière. Quid des quelques milliers de tombes tant côté protestantes que catholiques? Pour l’heure les archives de la ville ne permettent pas de le dire. « De manière générale, s’il s’agit de concessions perpétuelles, les tombes sont déplacées, on parle de translation » explique t’-on aux archives municipales de Sète  . » Dans le cas de tombes en déshérence ou de concessions temporaires où la famille n’a pas prolongé le contrat, les restes des corps sont transférés dans l’ossuaire communal ou incinérés et répandus dans le jardin du souvenir. Cette dernière pratique est cependant relativement récente » . Il est vraisemblable et reste à espérer… que de 1900 à 1920, en vingt ans, les milliers de sépultures ont bien été transférées sur le Py. Un travail de titan à la pioche.

La colo du Front populaire sur le terrain du cimetière

Après le départ des premiers joueurs de tennis de Sète sur le Mas Viel aux Métairies, une colonie de vacances s’installe sur le site de l’ancien cimetière. La mairie, en connaissance ou pas de l’ancien cimetière, loue la parcelle aux Jeunesses Laïques et Républicaines.
Nous sommes en 1936, avec le Front Populaire et les congés payés, les « colos » ont le vent en poupe et surtout celle des Jeunesses Laïques et Républicaines de Sète. Les Jeunesses Laïques et Républicaines sont noyautées par la SFIO, l’ancêtre du parti socialiste.

Des ministres comme Jean Zay ont fait partie des fameuses jeunesses mais aussi Jean Moulin. Les politiques de l’actuelle région Occitanie ont eu une énorme influence sur le gouvernement du Front populaire: Léon Blum, chef de ce gouvernement est député de Narbonne, Vincent Auriol de Muret est ministre, comme Albert Bedouce maire de Toulouse, Jean Moulin est chef de cabinet d’un ministre et … Jules Moch*(voire notre encadré) le secrétaire général du gouvernement, un grand ami de Léon Blum, deviendra député de Sète et ministre. Sans parler de l’influence du sétois Mario Roustan, sénateur de l’Hérault, ministre de l’Education Nationale en 1936 sous le gouvernement Laval.
Aussi le camp de vacances ouvert par les Jeunesses Laïques et Républicaines à Sète, où est édité le journal du mouvement , bénéficie d’un large écho dans la presse parisienne notamment dans le très influent Paris Soir. Le camp de vacances est en partie sur l’ancien Lazaret catholique de la Corniche et l’autre partie sur « l’annexe »… l’ancien cimetière.
Et on a presque envie de rire lorsque le reporter de la Dépêche de Toulouse, en visite sur les lieux, cite dans son article des strophes du cimetière marin de Paul Valéry. Il ne croyait pas si bien dire… Un long article, au ton dithyrambique et ampoulé propre à l’époque, mais un témoignage précieux sur une « colo » sous le Front Populaire.


La description de l’emploi du temps ferait frémir d’horreur n’importe quel ado de notre époque. Pensez donc, lever à 7 heures et inspection des chambres, 7H15 gymnastique, 8H petit déjeuner et ménage jusqu’à 9H30, après 9H30 marche à pied, une visite médicale par jour, et enfin, ouf, baignade!
Les enfants viennent de toute la France. Selon le reporter de la Dépêche, « autour de vastes cours plantées d’acacias » plusieurs villes de France ont édifié des pavillons avec leurs noms « Millau » « Villeurbanne » « Villefranche sur Saône » et notamment sur « l’annexe inaugurée récemment, à quelques centaines de mètres de là, sur le flanc du Mont Saint Clair« . En clair, la mairie de Sète a loué l’ancien terrain du cimetière mais le savaient t-‘ils encore presque 40 ans plus tard? si oui, manquaient-ils à ce point de terrains non loin de la Corniche?

Cimetière reconverti en camp de vacances du Front popu

Des blessés de la Retirada transférés sur le camp

La colo va joyeusement exister jusqu’à l’été 1938. Les évènements tragiques de la chute du gouvernement républicain espagnol vont précipiter sa fermeture. En 1936, le Front populaire, sous la pression de la droite et des radicaux ne s’est pas engagé à soutenir les républicains espagnols.
Mais en sous main, Jules Moch le député de Sète et le ministre Pierre Cot aidé par son chef de cabinet Jean Moulin, sont chargés d’acheminer en secret des armes aux républicains espagnols. Jules Moch, un ami de Léon Blum, a été parachuté dans la circonscription de Sète, fortement appuyé par la section SFIO locale. Il est de confession juive tout comme Léon Blum et le maire de Sète Albert Naquet.
Des centaines de Républicains Espagnols logés à la colo des Jeunesses Laïques et Républicaines dont l’entrée ressemble étrangement au plan du portail du cimetière du Fort Saint Pierre.
Moch deviens la bête noire du puissant journal régional de droite catholique l’Eclair, basé à Montpellier. L’Eclair, disons le tout net est antisémite et mène aussi une campagne ignoble, ad nauseam , contre les républicains espagnols réfugiés. Le quotidien accuse Jules Moch, baptisé « le cousin », entendre par là cousin de Blum, d’avoir monté un trafic d’armes à destination des républicains espagnols via le port de Sète. Pis, on lui reproche même de par son influence d’avoir épargné à Sète d’avoir le camp d’internement qui sera finalement construit sur Agde.
Quoi qu’il en soit, Sète prendra sa part dans l’accueil des républicains espagnols. Pour délester les camps du Roussillon, toutes les colonies de vacances de Sète mais aussi l’établissement Hélio-Marin et l’hôpital Saint Charles ont logé des centaines d’enfants et de femmes. Pour exemple, la colonie de vacances des Jeunesses Laïques et Républicaines de Sète a hébergé de mars à novembre 1939, près de 2254 réfugiés espagnols, femmes et enfants et surtout près de 1300 combattants espagnols blessés qu’il fallait soigner à l’écart.

Le port de Sète accusé de trafic d’armes

Eté 1939, le camp des Jeunesses Laïques et Républicaines n’héberge plus qu’une poignée de réfugiés blessés. A Sète, on savoure encore d’être pour la seconde fois, après la victoire du FC de Sète en 1934, champion de France de football. Mais le bruit des bottes allemandes résonne. Pourtant, l’Eclair continue ses collectes de dons en faveur de Franco, parle avec déférence de monsieur Hitler et prends la défense du nouveau consul franquiste espagnol de Sète.
Le sieur se plaint d’avoir eu du mal à trouver la clé de ses locaux « égarée », qu’on lui a volé ou cassé tout le mobilier… et surtout que les sétois prennent un malin plaisir à l’empêcher de réquisitionner des containers d’armes qui ont finalement pris la poudre d’escampette sous son nez à bord d’un bateau.

Le député Moch sera encore accusé d’être dans le coup puisque il séjournait alors à Sète. Il est possible que des armes à destination des républicains espagnols aient été acheminées par cabotage à partir de Sète. En 1937 déjà, il était étrange qu’une compagnie sétoise nouvellement créée s’empresse de revendre « Le Ville de Sète » à France-Navigation, une compagnie maritime qui fut démantelée à Marseille par le gouvernement de Vichy à cause de ce trafic d’armes aux républicains.

Les Allemands réquisitionnent le terrain

En 1943, sur la Corniche, le camp des Jeunesses Laïques et Républicaines, ancien lazaret catholique est déserté, dans la cour et sur le rivage les allemands ont installé des postes et tobrouks . Avec le Fort Saint Pierre ultra militarisé à côté, l’annexe de la colo est aussi réquisitionnée comme tous les terrains en première ligne de mer. L’annexe est cernée par des bunkers dont certains encore visibles de nos jours. Et selon les photos aériennes les allemands semblent y avoir construit des dépôts de munitions.

Après la guerre, l’ancien terrain du cimetière du Fort Saint Pierre sera bétonné et deviendra le stade Barrat, du nom d’un jeune résistant déporté Jean Marie Barrat.

Les Sétois de plus de 75 ans dont des riverains du terrain du cimetière disparu ne se souviennent que du stade Barrat. Il fut désaffecté en 1978.
1992, les terrains du cimetière et de la colonie de vacances sont désormais occupés par de belles villas et une grande résidence, la Corniche a été bétonnée. Certes, les acacias ne refleuriront plus mais la terre est revenue aux vivants, « le vent se lève toujours et il faut bien vivre » disait le poète…

 

Anne Oriol-Tailhardat

 

*Jules Moch s’est comporté de façon héroïque jusqu’à la guerre. Il a fait partie des députés qui ont refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain (contrairement à Mario Roustan et au maire de Béziers Albertini). Il s’engage dans la Résistance avec son fils qui sera assassiné par des miliciens. Plusieurs fois ministre après la Libération, en 1947, il réprime durement les grandes grèves en envoyant la troupe et en créant les compagnies de CRS. Il y eut des dizaines de morts, d’où le fameux sloggan CRS-SS, les mineurs grévistes subirons des dégradations militaires, impossibilité même pour leurs enfants de retrouver un emploi… Plus récemment un autre dossier est sorti contre Jules Moch, en 1950 dans le contexte de la guerre froide, l’opération Boléro-Paprika: arrestation et déportation de près de 288 communistes étrangers dont 177 républicains espagnols, parfois d’anciens résistants. Jules Moch,la bête noire des communistes et qui se disait « le député le plus insulté de France », fut réélu député de l’Hérault jusqu’en 1972. Sète, où une place porte son nom, lui doit beaucoup, après 1945, il a activement contribué à la reconstruction et l’essor du port en tant que Ministre des Transports et des Travaux publics.

Bibliographie
Remerciements aux Archives Municipales de la Ville de Sète
. Jules Moch, un socialiste dérangeant
.Rapport au Ministère de la culture de Monique Motais « Faire le docker »
.Vincent Parello « Des camps de réfugiés espagnols de la guerre civile dans l’Hérault »
.QUATREFAGES René, « La politique française de non-intervention et le soutien matériel à la République espagnole pendant la guerre civile (1936-1939)
.GRISONI Dominique-Antoine, HERTZOG Gilles, Les Brigades de la Mer, Paris, Grasset, 1979.
. L’Eclair de 1936 à 1939 , AD de l’Hérault
.Une circulation transméditerranéenne forcée : l’internement d’Algériens en France au XIXe siècle, Sylvie Thénault

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