18 octobre 2016

Plaidoyer pour un jeune poulpe abandonné par les siens

poulpe

Les côtes du Golfe du Lion abondent de poulpes qui raffolent des coques. La bestiole est peu farouche, facétieuse et sa curiosité cause souvent sa perte. Parmi les techniques ancestrales pour le capturer, la pêche au pot.

 

Le poulpe nait orphelin. Oui! c’est bien triste mais sa durée de vie étant de trois ans, lorsque les poulpes arrivent à maturité et s’accouplent, les oeufs souvent déposés au plafond d’une anfractuosité éclosent alors que les géniteurs ont atteint leur date de péremption. Le petit poulpe vit une existence solitaire, jusqu’à la rencontre de sa belle. De mai à août commence la saison des amours et déclinent ses jours comptés.

Sur le Golfe du Lion, du Grau du Roi à Cerbère, le poulpe n’est pas en voie de disparition car , même abondamment chassé, la reproduction semble assez importante pour suppléer à sa courte existence et au fait qu’on peut le piéger facilement.

Une pêche à la portée de tous même des enfants,  car on peut le croiser  dans vingt centimètres d’eau entre les cailloux des jetées. La Méditerranée est son lieu de prédilection, bien qu’on en trouve un peu dans l’Atlantique, toutefois il est plutôt friand des coques du sud de l’Europe.

Depuis l’Antiquité on  pêche le poulpe, de la petite pêche d’abord faite avec des amphores à larges ouvertures, voire cassées et munies de ficelles pour les remonter. La bête à tentacules adore se lover à l’intérieur tout en amassant autour d’elle un garde manger de coques.

Aujourd’hui, les amphores sont remplacées par des boites en plastique étudiées que l’on pose au fond avant de venir les relever quelques jours plus tard. Le poulpe raffole de la couleur blanche, pour l’attirer un seau ou même un gobelet plastique de couleur claire suffisent. Pourtant quel gâchis de tuer la petite bestiole, une fois réduit en casserole, c’est à peine une petite poignée de chair à manger. Pour un individu aux qualités extraordinaires.

Le poulpe ou la pieuvre (du latin polypus « plusieurs pieds » ) est un céphalopode comme la seiche et le calamar. Il a huit tentacules qui peuvent atteindre un mètre et qui repoussent. Il s’apprivoise aisément et on a pu observer qu’il savait goûter, humer et apprécier des saveurs.

Il a une propulsion à réaction pouvant atteindre 250 mètres en une poussée. Il a neuf coeurs et trois cerveaux. Des scientifiques ont mené des expérience sur son intelligence. Il est capable de dévisser un pot où l’on a placé un crabe. Si on le fréquente, il reconnait l’humain et viens à sa rencontre pour quêter de la nourriture. Il double son poids tous les  mois, normal car il  ne vit que trois ans. En Mauritanie l’espèce est en voie de disparition car il a été pêché avec abondance dans des pots. Avant de le pêcher, désormais pensez à toutes ses qualités et demandez vous s’il mérite de finir dans un ragoût où vous n’en ferez que deux bouchées!

 

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